05/01/2009

En Reaction a la position du senateur ecolo Josy Dubie sur la guerre en georgie

Suite à l'envoi de mon Récit de Voyage (publié sur ce blog il y a 20 jours) au sénateur écolo Josy Dubié, qui s'était déplacé fin septembre en Ossétie du Sud, en Ossétie du Nord et à Moscou accompagné de la sénatrice MR Christine Defraigne, et qui est à la source de ma décision de créer le blog Tbilisite tant son témoignage fut révoltant, monsieur Dubié me répond :

Lettre du 18 décembre 2008

Monsieur,

J'ai lu avec attention votre long témoignage.

 

Que vous souteniez sans réserves la position du président Saakashvili concernant le récent conflit en Ossétie du sud, c'est votre droit.

 

Par contre, Monsieur, la vérité a ses droits.

 

Et la vérité, que d'ailleurs vous ne contestez pas, est que, contrairement à ce qu'on affirmé dans un premier temps tous les médias occidentaux, c'est bel et bien Saakashvili qui a violemment agressé, en pleine nuit du 7 aout, l'Ossétie du sud, par des bombardements massifs et meurtriers, et une attaque terrestre de grande envergure pour s'emparer de Tskhinvali et du reste de l'Ossétie du sud.

 

Notre témoignage rétablit seulement la vérité des faits.

 

Contrairement à vos affirmations nous n'avons jamais, je dis et je redis "jamais", été "encadrés" par des militaires russes et nous sommes déplacés selon notre bon plaisir exactement où et quand nous le voulions. C'est d'ailleurs mal connaître le correspondant de guerre que j'ai été pendant 20 ans, d'imaginer qu'il puisse accepter qu'il en soit autrement.

 

Pour le reste que des atrocités aient été commises du côté russe non seulement elles sont vraisemblables mais en plus nous les avons évoquées et dénoncées dans notre rapport.

 

La question état donc bien "qui a déclenché massivement ce conflit meurtrier" et la réponse est bel et bien ce criminel de guerre de Saakashvili qui est en plus un parfait imbécile qui imaginait que les russes n'allaient pas réagir !

 

Aujourd'hui, en partie grâce à notre témoignage, la vérité sur ces dramatiques évènements et les responsabilités de leur déclanchement, ce font jour, ce qui a entrainé le report de l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN.

 

Nous nous en félicitons car nous ne souhaitons pas que notre pays se trouve entraîné dans une guerre avec la Russie, en cas d'adhésion de la Géorgie, suite à un nouvelle provocation aventuriste de Saakashvili dont le peuple géorgien a intérêt à se débarrasser au plus vite

 

Bien à vous,

 

Josy Dubié

Sénateur


Ma décision de publier ces lettres sur le blog est motivée par plusieurs raisons. D'abord, parce que durant cette période de fêtes, les occasions ont été nombreuses d'échanger les points de vues sur cette guerre avec la famille, les amis et les autres, et que j'ai été assez surpris d'entendre encore pas mal de gens défendre la position russe. Heureusement pas la majorité, mais déjà une personne, c'est de trop. Ensuite, j'ai pu remarquer que cela était du, comme souvent, au manque de discernement dans les infos que nous recevons, des infos trop fréquemment non-vérifiées par les agences de presses et/ou les journalistes, des articles trop peu documentés, sans contexte. L'influance de monsieur Dubié, quoiqu'insignifiante dans la politique mondiale, a quand-même démontré une chose: en 2008, il est encore possible qu'un homme politique puisse dire autant d'inepties et être cru, au moins en partie, par le chef de la diplomatie belge qui finalement prendra la décision de poser son veto contre l'entrée future de la Géorgie à l'OTAN, par peur avouée d'entrer en "guerre froide" avec la Russie. Pauvre B!

Il est à noter que la plupart des raisonnements de ces deux sénateurs ont depuis été détruits par... Medvedev lui-même (lire les articles en liens sur ce blog).

En tout cas, j'aimerais remercier ceux et celles qui, ces derniers mois, ont contribué ne fut-ce qu'un peu à faire connaître ce dont la Russie est capable, et contribué à défendre les intérêts des peuples, plutôt que les intérêts vénaux de certains puissants de ce monde. Je ne vise personne ...

Et bien sûr, vous souhaîter une année 2009 au moins aussi belle que dans vos rêves les plus fous.

D.P.

Et donc, voici ma réponse au sénateur Dubié.

 

Monsieur Dubié,

Tout d'abord, je tiens à vous remercier pour votre réponse. J'en ai pris bonne note, mais  jamais vous ne pourrez convaincre qui que ce soit ayant une connaissance sérieuse de la situation en Géorgie, d'avant
et pendant la guerre. Vous faites, hélas, partie des gens qui se sont fait manipuler par les Russes dont les dirigeants actuels sont des champions dans la désinformation (voir documents joints).

Sur la forme, Saakachvili s'est fait avoir. Le problème est de savoir ce que Bush lui avait promis. Mais en tout état de cause, en aucun cas Saakashvili, élu démocratiquement à la tête d'un état souverain, qui depuis 2003 n'a cessé de travailler à faire prospérer son pays, ne peut se faire traiter d'imbécile par quelqu'un qui ne connait ni la personne, ni l'histoire du pays, (et de la guerre qu'il traverse actuellement), ni sa culture.

De plus, d'après votre rapport que j'ai lu avec attention, vous accusez la Géorgie de génocide. C'est votre droit le plus strict d'en parler à qui veut bien l'entendre, mais comment avez-vous pu
porter une accusation aussi grave sans  avis contradictoire de la part  de géorgiens (autres que ossètes), et le mentionner dans ce rapport. Je vous rappelle que l'Ossétie du Sud est une petite partie de la Géorgie qui est séparatiste, que leur président Qoqoïti est un vrai bandit, ayant participé activement à la guerre civile Abkhaze, l'autre partie séparatiste,  il y a 15 ans. De par votre ancien métier et de par votre situation actuelle,  vous pourriez pourtant avoir toute la documentation en rapport avec ces régions séparatistes du Caucase. Toute la documentation concernant la guerre civile de 1992, et de toutes les exactions commises depuis, se trouvent à La Haie. Nous attendons les résultats des enquêtes en cours, mais quand on sait qu'il y a eu 350.000 géorgiens qui ont du fuir l'Abkhazie il y a 15 ans et depuis lors, votre accusation précipitée, de la part de l'homme politique, me semble irréfléchie.

Sur le fond : dès le  mois de mai les chars russes descendaient vers l'Abhkazie par voie ferrée. Les Russes avaient bien programmé leur intervention en choisissant le mois d'août où il y a peu de nuages sur le Caucase. Il ne leur restait plus qu'à provoquer Saakachvili. La flotte russe de Sébastopol était en route depuis 3 jours. Les Russes ont fait évacuer la ville de Tskhinvali parce que cette ville constituait, entre autres raisons, une belle vitrine pour les visiteurs étrangers en cas de bombardement géorgien, n'ayant été que très partiellement reconstruite après la guerre civile de 92. Ce qui fut le cas. Notez aussi que nombre de villages autour de Tskhinvali sont des villages peuplés par des géorgiens non-ossètes.
Vous avez, à votre plus grande joie, réuni une quantité d'infos allant dans le sens que messieurs Poutine et Medvedev ont décidé pour vous, dans la même ligne que ce qui a été dit en Russie dans la presse et à la Duma depuis des années, à propos de la Géorgie
pour une accusation aussi grave que précedemment avec la Tchétchénie.
En prenant parti pour Poutine (qui est en train de faire monter la pression dans chacune des ex-république d'URSS en Europe) et en influençant comme vous le fîtes la décision des pays membres de l'OTAN quant à l'adhésion de la Géorgie, vous avez ouvert grands les frontières du Sud Caucase à la domination russe, ce que ces peuples ne voulaient à aucun prix, ayant du subir ce joug depuis 2 siècles et sachant ce qu'il peut advenir de leur vie, de leur liberté. La Géorgie, libre de disposer d'elle-même selon le droit international, a choisi le partenariat avec l'Europe et les Etats-Unis bien avant 2003. Et c'est respectable.

Quant aux deux régions séparatistes, Ossétie et Abkhazie, sachez que ces territoires font partie intégrante du territoire géorgien depuis non pas des siècles, mais des millénaires.
Que vous ayez peur que la Russie désire une nouvelle guerre froide est naturel. On sait ce que cela a engendré pour les peuples d'URSS pendant 40 ans. Mais en ne réagissant pas avec force, diplomatiquement et économiquement s'entend, contre la politique de Poutine, dangereuse et en violation totale avec le droit international et les droits de l'homme, vous lui permetez d' agir de même avec d'autres peuples, comme en Crimée, ou tous les ukrainiens tant qu'à faire, ou l'un ou l'autre pays balte ...

Oui, les négociations prévaudront toujours sur la guerre, qu'elle soit froide ou non. C'est pour cela qu'il faut agir contre la politique de Poutine et Medvedev. Et qu'il serait grand temps pour le peuple russe de se choisir un nouveau président, et surtout un nouveau premier ministre.


Vous trouverez en pièces jointes des vidéos et des témoignages des organisations travaillant pour les droits de l'homme en Géorgie. On voit notamment des bombardements d'objectifs civils par l'aviation russe ainsi que l'incendie de la forêt de Bordjomi provoqué par 3 hélicoptères russes qui ont largué des bombes au phosphore. Borjomi, à des kilomètres de Tskhinvali, c'est l'équivalent de notre Spa ou Chaudfontaine, en mieux. L'usine a été détruite. Le saviez-vous? Il n'y avait aucune armée géorgienne présente à Borjomi. Que des civils et de l'eau. Un exemple parmi des centaines d'autres sur le territoire géorgien. Comme aux premiers jours de la guerre de Tchétchénie (russes contre séparatistes....)

Bien à vous,

D.P.
http://tbilisite.skynetblogs.be/

 

Je remercie Mr Melua qui m'a gentiment envoyé ces documents et quelques arguments pour cette réponse à Dubié.

 

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