04/01/2009

Humeurs suite aux recentes discussions amicales ou ...familiales. Fetes oblige...

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France 2 :

Reportages sur le thème "Russie : L'empire contre-attaque ? " :

Un Oeil sur la Planète

Sur la gouvernance de Poutine et Medvedev, ou comment faire pour retrouver la grandeur de la Russie soviétique ou tsariste et redevenir la 2ème puissance du monde.

La même émission, à propos des tensions entre la Russie et

1. la Géorgie et l'Abkhazie,

2. l'Ukraine et

3. l'Estonie. 

Un oeil-sur-la-planete

En Russie :

le site du parti d'opposition russe, dirigé par l'ancien champion d'échec Kasparov. à propos du conflit, plusieurs articles, dont quelques uns. (Site en anglais)

Russian Opposition on the War in Georgia - Official Statement (11 août 2008)

Russian Democratic Forces on the Georgia Conflict (20 août 2008)

Russian Opposition Party Decries Recognition of Georgian Breakaway Regions

Ce qui est instructif dans ces articles et ces reportages n'est pas d'apprendre que l'opposition russe soit opposée à Poutine dans cette guerre, parce que ça c'est leur rôle, ni d'apprendre combien la Géorgie a été victime de son besoin de se rapprocher de l'occident, parce que ça c'est évident, mais bien d'apprendre comment il a été possible pour le pouvoir de s'approprier un territoire en dehors de ses frontières, s'appuyant sur des ordres anticonstitutionnels et/ou en violation au droit international, aux droits de l'homme ou au simple bon sens, ordres donnés par le pouvoir afin de réaliser ses ambitions personnelles. Ces infos sont inédites ici parce que jamais publiées par les résumeurs amateurs d'AFP, source des "journalistes" francophones entre autre.

C'est grave, bientôt je vais me battre aux côtés des russes opposants plutôt qu'aux côtés des géorgiens. Ce serait plus efficace de changer les choses à la source, évidemment... A méditer... Tant il est vrai qu'il eût été plus simple d'écarter Adolf de l'intérieur avant 1939 que trop tard de l'extérieur en 1944...

Europe :

Primordial : apprendre pourquoi le Caucase a une telle importance géopolitique à la fois pour l'occident et pour la Russie de Poutine:

Première approche, un discours de Cristian DUMITRESCU, député européen, secrétaire International du SPD, à propos du conflit d'août 2008.

Je le copie/colle ici, pour faciliter la rédaction de certaines notes que je n'ai pas manqué d'y ajouter en rouge.

stalin_putinDurant l’antiquité grecque – les Jeux Olympiques ont représenté un moment de paix, religieusement respectés par tout le monde. Plus de trois mille ans après et plus d’un siècle depuis que Pierre de Coubertin a rénové ceux-ci, comme Jeux planétaires, cette fois-ci la joie et le flair-play des jeux ont été estompés par un conflit militaire, celui de la Géorgie du charismatique président Saakasvili, l’homme du jour du Caucase et l’expérimenté leader russe, Poutine, l’homme de fer de la Russie.

Si nous tenons compte qu’en même temps aux États Unis d’Amérique nous sommes à la veille de la grande bataille entre le charismatique, lui aussi, sénateur Obama et l’expérimenté républicain Mc Cain, les événements de Géorgie, sûrement peuvent avoir une signification mondiale.
Si le Président Saakasvili, par hasard, était le vainqueur, la célèbre « Pax America » qui règne depuis plus d’une décennie aurait été plus que renforcée et ainsi, bien sûr, que les Républicains du «guerrier» Bush. Si Saakasvili perd, comme cela est arrivé, les Démocrates auraient l’avantage. Mais, le « tendon d’Achille » d’Obama, son point plus faible, c’est exactement la politique internationale. La réponse rapide des Démocrates – pour tirer le maximum de profit de cette situation exceptionnelle, a été la nomination du très expérimenté et même réputé spécialiste de la politique internationale, le Sénateur Joe Bider, comme candidat à la deuxième fonction de l’Exécutif américain, celle de vice-président.

Selon un grand nombre de spécialistes dans la problématique internationale – le récent conflit – l’intervention géorgienne en Ossétie de Sud, la réponse dure, même trop dure et disproportionnée des Russes, qui en quelques jours ont occupé à peu près tout le pays, comme aux beaux temps de l’Union Soviétique, la réaction rapide de l’Union Européenne par le Président Sarkozy, au nom de la Présidence française de l’Union, le pèlerinage des chefs d’États et de gouvernements de l’Ossétie et de l’Abkhazie par le Président russe Medvedev, sur l’unanime demande de la Duma
(la Duma est à 100 pourcents acquise à la cause de Poutine, ce qui est une preuve indéniable du style de corruption qui règne sous Poutine) – représente un point fondamental de l’inflexion dans la politique mondiale.

Comme le poète le dit : « Rien ne sera d’ici à l’avant, comme auparavant ».

Pour préciser, il faut souligner que :

La Géorgie a été depuis toujours une terre considérée essentielle pour les intérêts de la Russie dans le Caucase, habitée par une population chrétienne orthodoxe majoritaire, vue comme un cordon de sécurité entre la Russie et la Turquie.

Le rapprochement de la Géorgie est devenue un espace clé pour l’Occident, du point de vue de l’indépendance énergétique, grâce à l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Seylan qui transporte le pétrole d’Azerbaïdjan par la Turquie, sans transiter par la Russie, aussi bien que le gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum, qui assure le transport du gaz caspien en Turquie.

En même temps, nous pouvons constater qu’on a commencé de parler de soi-disant « Pax russe », paix imposée par Moscou, -qui a comme précédent la campagne contre la Tchétchénie- avec la crise actuelle en Géorgie et va continuer certainement après la reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud par le gouvernement russe.

Dans l’équation déjà très compliquée du récent conflit, on doit introduire la reconnaissance des deux territoires autonomes – qui est liée à l’acceptation de l’indépendance du Kosovo par une grande partie de la communauté internationale – Premier résultat : l’infirmation de la théorie que le Kosovo est une situation unique et spéciale et c’est pourquoi il ne peut pas être considéré comme un précédent – il devient un précédent qui peut mettre en discussion les principes mêmes de l’accord d’Helsinski pour la paix et la sécurité en Europe.

La Russie comme l'occident a toujours agi selon ses propres intérêts. Dans le cas du Kosovo, ça arrangeait l'Europe et les USA mais dérangeait fortement la Russie. Le séparatisme Tchétchène quant à lui dérange les Russes qui s'engage dans une guerre attroce et meurtrière au possible sur le territoire Tchétchène, dans le Nord-Caucase, et place ensuite un de ses pions, grassement payé par Moscou. Ce qui se passe en Ingouchie pourrait être relaté ici aussi, tant les manipulations, les meurtres et autres déplacements de populations organisés par Poutine sont courants dans cette autre région du Nord-Caucase. Mais quand les sud-ossètes, province historiquement géorgienne hors des frontières russes et ce depuis des millénaires, réclament leur indépendance, là Poutine intervient comme s'il était chez lui, comme s'il était en Tchétchénie... Deux poids deux mesures.... pour tous c'est pareil.

Faire une évaluation de la situation dans la région est difficile et faire des projets pour l’avenir, l’est encore davantage. Mais on peut constater que l’accord entre Dimitri Medvedev et Michail Saakasvili a jeté un pont dans un conflit plus qu’inégal où chaque partie a perdu et a gagné quelque chose.

Du point de vue géopolitique, la Russie a réussi à s’imposer dans la région et à défendre ses intérêts stratégiques dans le Caucase ainsi qu’à humilier un allié de Washington. En même temps, elle a pris sa revanche pour le processus d’indépendance du Kosovo. Pour la Géorgie, le conflit a éloigné sa perspective d’adhésion à l’OTAN et sûrement la perte, peut-être pour toujours, des territoires séparatistes.
Il est bon de préciser que, depuis la fin des combats, la population abkhaze commence à se rebeller contre la gouvernance russe en Abkhazie, la population étant souvent prise en otage par celle-ci, étant par exemple forcée de quitter leur propriété en bord de mer afin que ce soient les riches hommes d'affaires et autres méritants du régime de Poutine qui puissent profiter de la rivièra géorgienne. De plus, les milliards de roubles promis par Medvedev comme aide à l'Abkhazie se font attendre, et la région, en ruine depuis 20 ans, en aurait bien besoin. Il n'est pas à exclure que la population, déjà en proie au doute, organise des manifestations anti-gouvernement et réclame plus de justices sociales, et ce
à court terme. De plus, si cette confrontation doit avoir lieu, il n'est pas à exclure non-plus qu'à beaucoup plus long terme, les abkhazes, peuple O combien plus proche des géorgiens que des russes à tout point de vue, regarderont la Géorgie voisine avec un intérêt d'autant plus grand que cette dernière, aidée par l'Europe et les States entre autre, sera capable de surmonter les crises à venir et continuera sans doute son ascension socio-économique. Les Abkhazes, désillusionnés, demanderont des comptes à ce gouvernement qui leur promettait, grâce à leur "indépendance", succès, prospérité et... liberté!

Pour les États-Unis, la perte de vitesse des ambitions régionales de Washington est dramatique. Bien que la Russie n’ait pas touché l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceylan
(pas faute d'avoir essayé) et même la zone qui concerne le futur projet Nabucco, elle a démontré clairement qu’elle peut le faire. Ce message est bien sûr plus régional et concerne en principe les politiques d’indépendance énergétique de l’Union Européenne.

Du point de vue diplomatique, la Russie a pu constater subitement les renforcements de la politique pro-américaine de ses voisins, illustrée par la signature de l’accord entre la Pologne et les Etats-Unis sur le bouclier anti-missiles et l’offre de l’OTAN à Kiev, pour l’installation des radars ; elle n’a subi seulement que de fortes condamnations verbales, sans aucune sanction réelle. Puisque les états n'ont pas sanctionné la Russie mais uniquement postposé quelques signatures d'accords commerciaux par exemple, i
l faudra attendre les résultats des enquêtes en cours, concernant les accusations russes et géorgiennes de génocides durant la guerre, dossiers remis aux tribunal de La Haie et pour lesquels la Russie a très nettement plus de chance d'être sanctionnée que la Géorgie... Mais cela ne concernera que les accusations de génocide et crimes de guerres (pas mal déjà, mais les accusations se porteront toutes sur les milices ossètes et quelques gradés russes les ayant protégés, mais ne concernera jamais les responsabilités réelles dans ce qui a mené à cette guerre. Ce débat-là devrait avoir lieu à Genève, mais je doute que la question y soit posée un jour.

Du même point de vue, la Géorgie a constaté une dramatique perte de prestige pour son Président Saakasvili et la classe politique de Tbilissi et en même temps la solidarité déclarée fermement de Washington et des voisins pro-occidentaux de la Russie. La Géorgie a obtenu des déclarations fermes surtout de la part d’Angela Merkel pour l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN.


Il faut préciser plusieurs choses. D'abord, ne pas oublier que l'Allemagne a des relations très particulières avec Poutine. En effet, l'ancien chancelier allemand est un des actionnaires principaux de Gazprom, tout comme Berlusconi. 50% du gaz alimentant l'Allemagne provient de Gazprom. La Belgique, peureuse face à une montée des tensions entre l'Europe et la Russie, a elle aussi posé son veto. Les souvenirs de la guerre froide des années soviétiques a plus pesé dans cette décision que l'utilité de libérer un peuple du joug poutinesque et d'appliquer les lois internationales, et l'ignorance avouée de l'histoire de Géorgie de la part des intervenants occidentaux à elle aussi été contre-productif pour la recherche d'une stratégie de paix dans le Caucase.


Du point de vue militaire le conflit a démontré que la Russie a très bien préparé les opérations militaires, sauf peut-être la protection aérienne, mais la Géorgie a prouvé que l’opération a été mal conçue et mal exécutée (normalement la liaison entre l’Ossétie du Sud et la Russie devrait être bloquée) etc.
L'armée géorgienne a tiré vers le tunnel de Roki, mais les troupes russes étaient déjà beaucoup trop nombreuses à en sortir : 3000 blindés et 60000 fantassins seront finalement présents en Géorgie.

En même temps le conflit a démontré qu’il y a dans la région de la Mer Noire des tensions historiques qui, pour les acteurs politiques internationaux, remonte au siècle passé, soit à la guerre de Crimée.

Le régime des détroits, établi à Montreux en 1936, est de nouveau revenu dans l’actualité, aussi bien que d’autres contentieux, comme par exemple, la présence de la flotte russe dans les ports ukrainiens, comme résultat du compromis a près la dissolution de l’Union soviétique.

Il est très tôt pour tirer des conclusions, mais il est clair que le récent conflit du Caucase a déclenché un processus et a délivré des forces de leur léthargie, des tendances et des intérêts qui n’ont jamais cessé d’exister dans la région, mais qui, pour le moment, ont été gelés pour utiliser un terme à la mode.

Le Caucase représente qu’une partie d’une région plus vaste et aussi dangereuse qu’on peut appeler la ceinture de feu de l’instabilité mondiale (faisant un parallèle avec la ceinture de feu du Pacifique, zone volcanique la plus instable de la planète) et qui commence au Caucase, continue par l’Afghanistan, descend par l’Iran, l’Irak jusqu’au Moyen Orient. C’est d’ici, dans la zone la plus riche en ressources énergétiques de la planète, où en ce moment la confrontation des grands intérêts politiques, géopolitiques et surtout économiques alimente l’instabilité et toutes sortes d’affrontements de nature religieuses, politiques, culturelles et économiques.

Mais on peut tirer une conclusion –qui cette fois-ci est très claire- la confrontation idéologique entre le communisme et le capitalisme a cessé d’être le moteur ou le motif de confrontation après la chute du Mur de Berlin –mais malheureusement la fin de cette confrontation idéologique qui a marqué notre monde plus de soixante années , n’a pas éliminé les sources des disputes. A partir d’ici nous passons à la philosophie de l’existence de l’humanité et heureusement c’est un problème beaucoup plus important que la politique.

 

 

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