26/05/2011

Rencontre avec son excellence Gega Mgaloblishvili, ambassadeur auprès de l'OTAN à Bruxelles

Aujourd'hui, 26 mai, c'est un jour particulier pour la Géorgie. Non pas pour son actualité - les manifestations récurentes des opposants au régime du Président Saakashvili pour lesquelles j'ai déjà consacré plusieurs articles par le passé - mais parce qu'il y a juste 20 ans, après une tentative réprimée par Moscou dans le sang en 1989, la Géorgie s'est libérée de la Russie pour enfin, après plus de 70 ans de soumission et d'exactions diverses et variées, accéder à son indépendance.

Alors que la Russie soviétique n'a pu réagir vis-à-vis des nations européennes - Pologne, Tchékoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Pays Baltes etc... - lorsqu'elles ont "fuit" l'influence de Moscou pour rejoindre ce qu'elles n'auraient jamais du quitter : l'Europe démocratique de l'Ouest, nombreux pays, nombreuses républiques "autonomes" plus éloignées de l'influence géopolitique de l'occident ont du subir les foudres de Moscou, parfois extrêmement violemment, comme en Tchéchénie par exemple (200.000 morts et disparus, mise en place d'un régime maffieux extrêmement violent totalement sous contrôle de Moscou).

La "petite" Géorgie n'a pas échappé à ces répressions de la part des dirigeants ex-soviétiques. Les vieux conflits gelés depuis des années que ce soit au Sud ou au Nord Caucase, en Transnitrie ou ailleurs, sont soigneusement "entretenus", et d'une manière plus perverse, plus insidieuse aves l'Abkhazie ou l'Ossétie du Sud dont le point culminant fut la guerre qui opposa Moscou à Tbilissi en août 2008. Et, sur ce sujet O combien brûlant, beaucoup de questions se posent à propos de la politique menée par Poutine et ses prédécesseurs.

Depuis décembre 2008, TbiliSite a tenté d'expliquer, de commenter pour les lecteurs francophones les événements en rapport avec l'agression et l'occupation russes en Géorgie, afin de combler le vide médiatique sur le sujet dans notre presse traditionnelle. En fait, l'élément déclencheur de la création de ce blog fut la visite de notre sénateur "écolo" Josy Dubié en Russie et en "Ossétie du Sud" un mois après les hostilités de 2008, démontrant combien nos politiques sont ignorants sur le sujet, agravant une situation déjà pas des plus simples. Le "témoignage" de Dubié (et Defraigne - MR) a fortement dégradé l'image de la Géorgie auprès de l'opinion du public belge et étranger, à tort, et lorsque j'ai rencontré Mme Durand, co-présidente du parti Ecolo, afin de lui faire part de notre indignation (mot faible) à propos du rapport de Dubié, elle n'a pu que nous faire part de son ignorance en la matière, ce qui n'était pas fait pour me rassurer sur l'avenir de la politique que mènerait Bruxelles dans ses relations avec Tbilissi et avec Moscou. Craintes confirmées par ailleurs.

Il reste du chemin à parcourir encore pour que la Géorgie, qui a tant besoin de l'Europe pour atteindre ses aspirations de vraie démocratie à l'occidentale, parvienne à ses fins. Moscou, aux yeux des dirigeants occidentaux, représente un tel marché et aussi un tel danger qu'il vaut mieux s'en faire un ami qu'un ennemi... et préfère par conséquent carresser Poutine dans le sens de son poil...

L'interview que j'ai pu réaliser avec Son Excellence l'Ambassadeur de Géorgie auprès de l'Otan - et je l'en remercie très vivement une fois encore ainsi que son premier conseillé, Mr Bessarion JGHENTI- éclairera sans nul doute le lecteur sur ces questions, et d'autres...

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21/04/2011

Communiqué du site ami www.colisee.org

  Suite à différents problèmes techniques et financiers, le fonctionnement du site Internet www.colisee.org est interrompu.  

Ce dernier, site généraliste d’information sur 27 pays de l’Est européen, a reçu depuis le printemps 2003 plus de 2,6 millions consultations.   

L’équipe rédactionnelle étudie, dans un autre cadre juridique, une solution technique et financière qui devrait déboucher sur une reprise de service : elle en informera les internautes par ce même canal.    

Mirian Méloua, Coordinateur de l’équipe rédactionnelle

infosbrevesfg@wanadoo.fr

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12/04/2011

Appel des Polonais aux citoyens de l’Europe et du Monde.

A lire sur http://www.swietapolska.com/news/swpolska3769.html

Nous, les citoyens de la République de Pologne, rejetons le rapport russe du Comité Inter-étatique de l’Aviation (MAK*) relatif aux causes et aux circonstances de la catastrophe aérienne dans laquelle ont péri le Président de la République de Pologne Lech Kaczyński et 95 autres Polonais sur le territoire de la Russie à Smoleńsk.

 

Nous réclamons des réponses aux questions-clés de l’enquête concernant la catastrophe.

 

Pourquoi la tour de contrôle russe n’a pas dirigé avec précision l’avion TU-154 M vers la piste d’atterrissage en induisant les pilotes polonais en erreur en leur communiquant qu’ils « tenaient le cap et qu’ils étaient sur la piste » ?

 

Quelles sont les causes de ce troublant état de l’épave de l’avion : lambeaux de fuselage et absence complète de carlingue ?

 

Nous réclamons la divulgation des photos-satellite du satellite qui observait ce vol ainsi que la fourniture des preuves de l’enquête : épave de l’avion et boîtes noires qui sont la propriété de la République de Pologne mais qui demeurent toujours sur le territoire russe.

 

Nous sommes indignés par l’attitude du gouvernement polonais qui néglige les intérêts fondamentaux de nos concitoyens. En commençant par donner son accord pour que les Russes prennent à leur charge des objets appartenant aux passagers de l’avion, également ceux du Président polonais, dont les ordinateurs portables et les gsm avec toutes les données qui peuvent concerner la sécurité nationale de la Pologne et de l’Otan – jusqu’au confier complètement l’enquête aux mains des Russes sans garantir la base juridique adéquate. Nous considérons de tels agissements comme de la haute trahison. mip201104cpgrdk

 

Il est difficile de prendre au sérieux le rapport du Comité Inter-étatique de l’Aviation (MAK) qui cherche la cause de la catastrophe dans l’alcool découvert dans le sang d’un des passagers du vol (dont le corps a été identifié plus de dix jours après la catastrophe) ainsi que dans la pression exercée sur les pilotes afin d’atterrir ce qui n’a été étayé par aucune preuve.

 

Nous protestons contre la destruction des preuves de l’enquête par les Russes, entre autres de l’épave de l’avion, ce qui a été filmé par l’équipe de la télévision polonaise.

 

Nous protestons contre les calomnies proférées à l’égard de la mémoire des chefs de l’Armée Polonaise. Nous désirons demander pardon aux veuves des aviateurs polonais pour les diffamations non fondées qui sont diffusées par les services russes et répétées par les médias en Pologne et dans le monde entier faute de réaction à cette provocation de la part des autorités polonaises.

 

Esseulés dans les efforts dans les recherches de la vérité, nous faisons appel au sens de la justice et à la solidarité des citoyens de l’Europe et du Monde, de toute l’opinion internationale et nous appelons à l’aide tous les gens de bonne volonté.

 

Nous désirons exprimer notre respect le plus profond et la solidarité envers les proches des victimes ainsi que les assurer de notre détermination à la recherche de la vérité. Nous réclamons une consciencieuse enquête internationale, un règlement de comptes et la punition des personnes responsables de la mort des citoyens polonais, dont le Président de la Pologne. Nous considérons qu’une enquête consciencieuse dans cette affaire est dans l’intérêt le plus profond d’une Europe libre, souveraine et solidaire.

 

Solidaires 2010.

 

(On peut signer cet appel sur le site internet http://onepoland.eu/lang,fr )

18:02 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/06/2010

Pour ceux qui restent... Cadeau !

25/06/2010

La Russie ne respecte pas ses engagements.

Ce n'est pas nouveau... mais une fois encore c'est dit, et non-relayé par nos médias.

"La Russie ne respecte pas ses engagements en Géorgie"

d'après le blog Europe de la Défense BXL2.

Irakli Porchkhidze, le secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité de Géorgie : « La Russie bloque l'exécution complète du mandat d'EUMM (la mission d'observation de l'UE), alors que le mandat de l’EUMM s’exerce normalement sur l’ensemble du territoire géorgien dans ses frontières reconnues internationales. Les conséquences sont désastreuses sur le terrain : nous assistons à une dépopulisation, une militarisation des 2 enclaves, et une menace à la souveraineté géorgienne. ».

"Epuration ethnique"

« La Russie occupe un territoire qu’elle ne contrôlait pas avant 2008. Et on assiste sur les territoires occupés à une véritable épuration ethnique » affirme-t-il. « Environ 400.000 géorgiens ne peuvent rentrer chez eux. Mais il n'y a pas que les Géorgiens: il y a aussi quelques minorités comme des Estoniens ou Grecs. Les Russes ont rasé des villages en Ossétie, afin de porter atteinte à l’équilibre démographique. On retrouve la même situation en Abkhazie. Il n’y a plus que 10.000 personnes (alors qu’avant 40.000 habitants). Il y a un processus de dépeuplement en cours. »

"Une forteresse militaire"

Ce n'est pas tout ! « En violation flagrante du cessez-le-feu, 10.000 soldats russes sont stationnés sur les territoire occupés. Les Russes en ont fait une forteresse militaire. Nous sommes à 40 Kms de Tbilissi. C'est un endroit stratégique. Car l'autoroute Est Ouest qui relie les deux parties de la Géorgie, est un lien vital pour son équilibre, sa sécurité et le commerce. La présence militaire exerce une véritable pression psychologique. L'État géorgien se trouve en état de siège. » explique-t-il. « Il y a des coûts humains mais aussi environnementaux. Les Russes extraient en Abkhazie des pierres, du sable, des métaux, pour exporter des matériaux en Russie, notamment pour les travaux des J.O. de Sotchi. On menace ainsi l'équilibre géologique et environnemental. »

"EUMM doit rester et aller en Ossétie et en Abkhazie"

Et le responsable géorgien de lancer un appel au maintien de la mission européenne EUMM. « Elle est nécessaire. C'est la seule force internationale présente dans la région. (...) La Russie a toujours pensé que la présence d’observateurs internationaux en Géorgie n'était pas nécessaire. Elle a utilisé le mécanisme consensuel de l’OSCE pour bloquer la présence de l’OSCE, tout comme de l’ONU. L’EUMM est la seule présence internationale sur lequel la Russie n’a pas de veto. Cette présence sur le terrain est le préalable nécessaire à la stabilité à venir. Il est essentiel d’étendre la mission EUMM et d’avoir accès aux territoires occupés. »

14/06/2010

Smolensk : suite de l'enquête, mécontentements divers et guerre des médias.

Smolensk : suite de l'enquête, mécontentements divers et guerre des médias.

L'enquête piétine. Aucune thèse proposée par les enquêteurs russes n'a, jusqu'à ce jour, pu être confirmée ou infirmée avec certitude. Et, à défaut des autorités polonaises, les médias s'impatientent et bousculent quelque peu les officiels des deux côtés de la frontière.La Pologne accuse Moscou de faire trainer l'enquête, et un journal polonais diffuse la bande-son des dernières minutes - sans les dernières secondes -  des conversations enregistrées dans la cabine de pilotage par la seule boite noire en leur possession, les deux autres étant toujours à Moscou, sous bonne garde. Et Moscou s'offusque, mais en même temps demande l'aide des autorités polonaises pour l'interview de toutes les personnes présentes à Smolensk lors du crash. Comment penser que l'enquête dira un jour la vérité?

Comme vous l'aurez appris, d'autres faits qui se sont produits autour du crash ont fait sensation, notament l'arrestation de 4 soldats russes coupables d'avoir dépouillé le corps d'une des victimes du crash de sa... carte de crédit, laquelle fut utilisée dans la ville de Smolensk quelques heures après l'accident.  Histoire qui n'arrange pas les relations tendues entre Moscou et Varsovie...p201006cpgrdk

Pologne info : " Suivant les informations venant d’un rapport plus ou moins officieux, les services judiciaires polonais seraient en train de délibérer sur la question de savoir si dans les jours à venir ils communiqueront de tels documents aux autorités russes. Il s’agit tout même du premier genre de requêtes de la sorte en provenance des autorités russes et ceci vis à vis des investigations concernant la tragédie de Smoleńsk Ces demandes semblent d’autant plus surprenantes que les demandes émanant des autorités polonaises sur cette affaire sont nombreuses et se sont pour l’instant toutes soldées par des échecs."

A suivre... ici et nulle part ailleurs en France ou en Belgique, semble-t-il.


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29/05/2010

Démocratie : l'exemple russe.

Russie : une démocratie révoltante.

 

Les parlementaires de la Douma, la chambre des députés russes, ont adopté pour y faire voter les lois, ce qui semble n'être qu'une "drôle de pratique digne d'un sketch" selon les rares média à avoir relevé l'info. 

Alors que seuls 88 députés étaient présents lors de la session, sur... 449 normalement, quelques députés volontaires devaient, en quelques secondes, courir de siège en siège afin de voter pour les absents. Mettant l'accent principalement sur le problème d'absentéisme, laissant de côté un problème extrêmement plus inquiétant qui, j'en suis persuadé, ne vous aura pas échappé: un problème extrêmement préoccupant (c'est le cas de le dire) de démocratie, nos média ont totalement sous-estimé la signification, la portée réelle d'une telle pratique, et de l'inexistance de toute forme de sanction.

Depuis toujours, la présidence russe critique avec cynisme les dirigeants pro-occidentaux de pays comme, par exemple (!), la Géorgie. Donneur de leçons de démocratie de premier ordre, Vladimir Poutine, depuis son arrivée au pouvoir, a utilisé toutes les resources de l'état et a usé de sa main-mise sur l'ensemble des forces politiques, économiques et militaires pour éliminer chaque opposant, ayant ainsi, aujourd'hui, une majorité de plus de 95% à la Douma. Qui, dans ces conditions, va dénoncer de telles pratiques? Celui qui a son frère patron de telle société d'état? Celui qui sait qu'il y a quelques images compromettantes dans son "dossier" entre les mains du FSB? Celui dont les pensées sont tournées autant vers Staline que vers Poutine? A la Douma, il n'y a pas de héros.

La portée réelle d'une telle pratique... Ce jour-là, il s'agissait d'un vote pour l'interdiction de l'alcool au volant. Ce jour-là. Mais d'autres jours fut adopté une loi autorisant la Russie à intervenir militairement partout où bon lui semble, tant qu'un citoyen russe y est en danger, en Russie et hors-Russie, ou une loi facilitant l'élimination de la concurrence de Gazprom, par exemple. Pour ces votes, aucune présence des députés n'est donc indispensable. Alors demain, quand Dmitri Medvedev, ou Vladimir Poutine décideront du sort d'une de leurs républiques "à problèmes" comme l'Ingouchie ou le Daguestan, puisqu'aucun représentant de ces régions n'est représenté dignement à la Douma, et puisqu'il n'y a personne pour contredire quoi que ce soit des décisions des "chefs",  ces républiques peuvent être du jour au lendemain à la merci de la 53ème armée? Et, après-demain, si d'ici-là personne ne réagit, en sera-t-il de même pour... la Pologne?

Ceci dit, déjà pour un vote sur l'alcool au volant, c'est gravissime. Mais comment parvenir à imaginer que nous, européens, nous puissions nous "rapprocher" de la Russie à l'image de la France, ou lui ouvrir son marché, ou leur signer un quelconque contrat, traité ou accord? Jusqu'où pouvons-nous leur faire confiance?

Ok, nos démocraties ne sont pas idéales. Manipulées, souvent aux mains de lobbies, mais dans lesquelles existent de nombreux mécanismes de protections, dans lesquelles les média en principe, dénoncent voire accusent et donc surveillent, protègent nos démocraties. En Russie, il n'y a pas de contre-pouvoir, il n'y a que le pouvoir, représenté par Medvedev, dirigé par Poutine. L'Histoire se répète, en s'adaptant . Le discours de nos grands média aussi, en s'adaptant... aux lois du marché.

Par contre, je n'ose imaginer ce qui peut arriver aux journalistes "coupables" d'avoir été témoins de cette pratique totalement révoltante, et de l'avoir diffusée sur Youtube.

D.P., d'après une brève de France Info

(J'ai encore la dernière image en date de Medvedev en tête: lors de la cérémonie du 9 mai, à ses côtés, il y avait Kokoïty, la marionnette russe de Tskhinvali... et Nino Burdjanadze, ex-PM à présent opposante de Saakashvili, cheffe du... "Parti Démocrate-Géorgie Unie", entre-autre! Quelle collaboration bénéfique pour la Géorgie l'opposition géorgienne va-t-elle chercher à Moscou?)

15/05/2010

Arte, Le Dessous des Cartes : La Géorgie après la Guerre.

 

La célèbre émission "Le Desous des Carte" de Jean-Christophe Victor diffuse ce samedi 15 mai sur Arte, à 18h15

"La Géorgie après la guerre"


Synopsis : Petit Etat à cheval entre mondes européen et asiatique, la Géorgie est aujourd’hui une mosaïque de peuples éclatée.

Deux ans après la guerre qui l’a opposée à la Russie, le Dessous des Cartes dresse le portrait géopolitique de cette république du Caucase, toujours terrain de convoitises bien après la fin de la Guerre Froide.

samedi, 15 mai 2010 à 18:15

Rediffusions :
19.05.2010 à 06:45
19.05.2010 à 23:15
22.05.2010 à 11:45

...et une émission sur la Russie diffusée samedi 22 mai à 17h45 :

LA RUSSIE : UNE GRANDE PUISSANCE ? 1/2

La Russie peut-elle encore jouer dans le camp des grandes puissances ? Moscou est-elle devenue le nouvel « homme malade de l’Europe » ? Le Dessous des Cartes propose d’explorer les multiples fractures de ce pays immense.

Plus d'infos sur http://www.arte.tv/fr/programmes/

Merci à Luc pour l'info !

D.P.

13:41 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

05/05/2010

Une condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires du 20ème siècle est indipensable pour la survie de l’Europe du 21ème siècle.

Une condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires du 20ème siècle est indipensable pour la survie de l’Europe du 21ème siècle. Cette évidence pour les pays européens issus de l’éclatement de l’URSS face à ce qui ressemble à de l’indifférence des « anciens » du bloc de l’ouest, a malgré tout donné lieu à quelques débats en commission, ou lors d’assemblées parlementaires, mais ces dernières n’ont engagé aucun processus, seuls quelques projets de résolutions ont été formulés.

Pourtant, l’Europe a une expérience indéniable en la matière. En 1945, nos dirigeants, avec le procès de Nurenberg contre les crimes nazis, avaient bien saisi l’importance d’un tel procès pour l’avenir de l’Europe, un procès nécessaire afin de réconcilier l’Allemagne avec non seulement le reste du monde, mais surtout avec elle-même. Le procès de Nürenberg eut lieu, les monstres identifiés, jugés, condamnés. L'Europe pouvait tourner la page, en créant des mécanismes de protection, et d'échanges commerciaux qui contribueront pour une grande part au maintien de la paix en Europe occidentale, jusqu'à ce jour.

En ex-URSS

Les crimes contre l’humanité perpétrés par les Russes depuis Lénine sont sans doute trop nombreux, et les archives pour la plupart sous la bonne garde de Moscou pour que nous ayions toutes les données nécessaires à l'organisation d'un procès. Mettre ces archives sur la table, bien entendu, serait un acte trop pénible pour les chefs du Kremlin : 90% de la Douma est issu de l’ancien pouvoir, Poutine en tête... La Russie est gouvernée par des anciens du communisme, mais pas par des suicidaires! La balle se trouve donc, forcément, dans le camp occidental, mais l'Europe, actuellement et pour longtemps encore, n'a nullement l'intention de mettre en danger tout le potentiel commercial russe, ni ses fournitures en hydrocarbures. Et la Russie de Poutine possède l'arsenal nucléaire le plus puissant du globe....

Il ne faut jamais oublier que les fondements même de l’Europe sont la reconnaissance des droits de l’humain, et la protection de ses citoyens. Sans nul doute, les pays ayant souffert de l’autoritarisme soviétique entre 1917 ou 1945 et 1989 espéraient que « les gagnants de la guerre froide » organiseraient un tel procès ou, au pire, demanderaient au nouveau pouvoir russe de faire son mea culpa du communisme et apprendrait à gérer leurs conséquences désastreuses sur le plan humain, pour ne parler que de cela. Mais rien, il n’y eut rien, ce qui permit à un ancien chef du KGB de s'adapter, ou plutôt d'adapter l'ancien régime totalitaire communiste, et passer aisément au totalitarisme des pétro-roubles, utilisant les mêmes outils, les mêmes méthodes, faisant eux aussi des victimes, d'un autre genre. Ce régime est potentiellement aussi dangereux qu'il le fut durant la guerre froide...

Ce qui aiderait l'Europe à réagir face à cette guerre annoncée, nul ne le sait. Certaines choses sont évidentes malgré tout: d'abord, empêcher des gens comme Berlusconi, Sarkozy ou Schröder (pour ce dernier c'est trop tard!) de signer le moindre contrat supplémentaire avec Gazprom, et de financer les alternatives à l'approvisionnement en gaz pour l'Europe, Nabucco en tête, afin d'atténuer notre dépendance au gaz russe; intensifier les enquêtes actuelles et démontrer, enfin, la culpabilité (pourtant évidente) de la Russie dans les conflits Tchétchènes de 1999, et de 2008 en Géorgie, et sanctionner les coupables des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité qui ont été commis durant ces guerres;

 

Pourtant, l ‘ensemble des pays européens ex-communistes, qui sont à présent intégrés au Conseil de l’Europe, et tous sauf la Bielorussie font partie de la CE, ont initié ce qui semble être une enquête sur leur passé communiste. Une « épuration » à tous les niveaux de pouvoir pour certains, une enquête approfondie pour d’autres, mais il n’y eut à ma connaissance aucun procès pour crime contre l’humanité organisé suite à la chute du communisme (n’appelons pas le procès Ceausescu un procès contre le communisme ou le totalitarisme!). Comme si l’Europe ne voulait pas savoir.

 

20 millions de victimes, c’est 100 millions de descendants de ces victimes qui attendent que justice leur soit rendue.

20 millions d’assassinés, c’est autant de déportés (dont les Ossètes vers la Géorgie ne représentent que 0,01 pourcent de la totalité des déportés d’URSS, et créent encore des problèmes sous-jacents au communisme).

A défaut de pouvoir nommer les malheureux qui furent assassinés tant que les archives du FSB ne seront pas rendues publiques dans leur ensemble, on peut facilement faire le compte des déportés, s’agissant majoritairement de peuples dans leur ensemble ou en partie. Ces « délocalisations » pour lesquelles Moscou porte une responsabilité immense, et d’où découlent les difficultés pour certaines nations de légitimiser leurs frontières historiques, le Sud Caucase étant un des exemples le plus médiatisé avec le Haut-Karabakh et l’ossétie du sud, mais loin d’être l’unique région à problèmes, doivent être à présent gérés de manière responsable, avec l’aide des Nations-Unies par exemple.

Uniquement sous Staline :

Les déportations massives de paysans dans le cadre de la « liquidation des koulaks (...), p1

Déportations de communautés paysannes d’Ukraine et du Kouban dans le cadre des « (...), p2

Les famines des années 1931-1933***, p3

1933-1935 : Déportations des « éléments socialement nuisibles » et des « gens du (...), p5

1935-1937 : Déportations de minorités ethniques dans le cadre du « nettoyage » des (...), p6

Août 1937-novembre 1938 : Arrestations et exécutions de masse de la « Grande (...), p7

Déportations de populations et exécutions de masse dans les territoires annexés (...), p9

Les déportations ethniques totales de « peuples punis » durant la « Grande guerre (...), p10

Les déportations de masse dans le cadre de la resoviétisation des pays baltes, de (...), p12

Déportations de minorités nationales dans le cadre des opérations de « nettoyage » (...), p13

 

 

 

15:43 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/04/2010

POLOGNE : L'ENQUÊTE RUSSE sur fond de conflit... d'intérêts.

POLOGNE :

Le dramatique crash de l’avion présidentiel : ce que la presse (libre ou pas) en dit, et ce qu'elle ne dit pas.

Cela fait plus de deux semaines qu’au massacre de Katyn, qui coûta la vie à plus de 22,000 officiers polonais*, nous devons ajouter celui de Smolensk, à quelques pas de Katyn. Ce 10 avril 2010, Le cœur de la Pologne a cessé de battre. 96 victimes. Le Président, son épouse, des responsables de l'état-major, des secrétaires d’états, ...

L’avion a décollé vers 6h50 de l’aéroport de Varsovie, puis s’est écrasé à quelques centaines de mètres de l’aéroport militaire de Smolensk, en Russie, 4h et 4 minutes plus tard.

Pour « faire la lumière » sur ce crash, Dmitri Medvedev a nommé son premier ministre Vladimir Poutine.

Dans les heures qui suivirent l'atterrissage « manqué » du président Lech Kaczynski, les russes ont trouvé les deux boites noires du Tupolev, qui sont actuellement à Moscou pour analyse par des experts russes, avec la collaboration distante d’un officier polonais. La totalité des corps des victimes ont été retrouvés et identifiés à Moscou. Pour 21 d’entre eux, l’identification n’a pas été facile, essentiellement à cause de l’incendie qui s’est déclaré lorsque l’avion a touché les arbres et s’est écrasé au sol.

Ce sont les faits, et ce sont les seules certitudes. Actuellement, toute autre information n’est que spéculation.

Cependant, depuis le début de l’enquête, nous pouvons constater, une fois encore, plusieurs discours sortant pour la plupart d’ « on ne sait où » et relayés par les médias sans autre investigation et sans trop de conditionnels.

Le discours de l’ancien chef du KGB (actuel FSB) Vladimir Poutine fut très clair quant aux causes de l’accident : en raison de l’épais brouillard présent dans la zone de l’aéroport militaire de Smolensk, la tour de contrôle a demandé au pilote du Tupolev d'atterrir à Moscou. Le pilote, malgré les avertissements, après trois tentatives, a manqué son atterrissage.

Quelques affirmations qui, nous le verrons par la suite, se trouvent êtres totalement fausses en plus d’être saugrenues. Mais jusque là, rien d’étonnant, nous connaissons le personnage.

Les jours passent, et la presse francophone travaille à informer ses lecteurs sur le sujet. Méthode classique : on prend les dépêches d’agences, on change quelques mots, et on colle l’article de Ria Novosti en troisième page avec des titres comme « Le président Kaczinski victime d’une erreur de pilotage ». Et depuis ces derniers titres accusant le pilote polonais, hautement expérimenté, qui a déjà posé son avion à Smolensk plus d’une fois auparavant, et notamment pour y déposer le premier ministre Donald Tusk 3 jours auparavant. Mais la presse polonaise ainsi que la presse de pays d’ex-Urss principalement, relayent bien d’autres informations, donnent d’autres détails que notre presse européenne occidentale, trop encline à respecter les versions officielles russes pour des raisons aussi diverses qu’évidentes, taisent. En voici un florilège:

Le Tupolev n’a pas, contrairement à ce qu’ont affirmés Poutine et les agences russes, donc nos journaux, tenté un atterrissage à 3 reprises, mais s’est écrasé dès sa première tentative. Une troisième boite noire a été rendue aux polonais (boite ajoutée par l’aviation militaire polonaise à tous ses avions) qui démontre non seulement qu’il n’y eut pas trois tentatives, mais aussi que, jusque quelques minutes avant que le Tupolev ne s’écrase, tout était absolument normal et dans la cabine des passagers, et dans le poste de pilotage. Par contre, les derniers moments avant le crash, on entend le pilote prier, et dire quelque chose comme « on est foutus ».

Plusieurs choses ont aussi pu être démontrées. L’avion, qui possédait toute la technologie moderne d’assistance à l'atterrissage (ILS), ainsi que tous les systèmes d’alarmes réagissant aux dangers liés à l’altitude de l’appareil (TAWS), n’avait aucune raison de s’écraser.

Mais Poutine, avec de la suite dans les idées, a alors déclaré que le pilote polonais ne connaissait pas le Russe, et qu’il y eut par conséquent un problème de communication entre le pilote et la tour. Nos journaux ont repris la dépêche de Ria Novosti, et d’autres sont allés à la conférence de presse organisée par l’état-major polonais qui, quant à eux, connaissant bien leur pilote, on confirmé que Mr Arkadiusz Protasiuk parle russe parfaitement, ainsi que l’anglais, langue internationale utilisée dans tout aéroport. Les capacités du pilote ne sont en tout cas pas en cause.

Ria Novosti a aussi écrit que le pilote avait été forcé par le président d'atterrir malgré le brouillard et la demande de la tour de se détourner vers Moscou, pour le forcer à atterrir à Smolensk coûte que coûte. Mais l’on sait déjà pourquoi cette thèse est loufoque.

Plusieurs autres hypothèses, et non des moindres, viennent s’ajouter à celles dont nous avons déjà connaissance grâce aux agences russes et occidentales. Pour commencer, il y a ce système précité TAWS. Les enquêteurs ont retrouvé le boitier de commande de ce système en position d’arrêt. S’il ne fonctionnait pas, le crash était difficilement évitable, surtout dans le cas où l’ILS ne fonctionne pas lui non plus, ou que la tour de contrôle russe ne donne pas les données correctes au pilote et/ou aux systèmes électroniques du Tupolev, lesdits systèmes installés par une société russe en décembre dernier..

De plus, des témoins polonais, des journalistes arrivés plus tôt accompagnés par quelques parents des victimes de Katyn, ont pu observer des russes changeant les ampoules de la piste d'atterrissage, peu après le crash. Pourquoi? Pas de réponses. Depuis lors, la Pologne demande des explications à Moscou. A ce sujet, et d’autres...

Enfin, certains quotidiens polonais rapportent deux épisodes pour le moins étranges, même si, une nouvelle fois, ils le sont moins lorsqu’on sait où le crash s’est produit.

Immédiatement après le crash, un témoin est parvenu sur les lieux même de l’accident, et a filmé à l’aide de son GSM les nombreux débris du Tupolev éparpillés autour de lui. Sur les images, rien de particulier: des hommes en uniforme qui marchent (calmement malgré la situation) entre les arbres arrachés et les pièces encore fumantes de l’avion, d’autres qui discutent entre eux. Quelques hommes en civil font pareil, certains, rares, courent. On entend les pas du vidéaste, le craquement des branches. Et dans cette ambiance lourde – et sans brouillard – des coups de feux. Cette vidéo, nous pouvons la visionner sur internet. Au-delà de l’horreur de cet acte qu’on imagine, la question est : à qui étaient destinés ces coups de feux? A un - ou des - survivant(s) du crash? Quelle ignominie... Difficile à croire. Quoique.


Le deuxième épisode passé sous silence par notre presse est la suite du premier épisode : le vidéaste à qui nous aimerions poser la question de la provenance et de la destination des tirs enregistrés, aurait été tellement tabassé qu’il se serait retrouvé à l'hôpital et y serait décédé quelques heures plus tard.

Tous ces éléments, qui devraient bien entendu faire l’objet d’enquêtes, n’ont pas été rapportés sur le site de Ria Novosti, et donc n’ont pas été relayés par nos médias. Vous pourrez, par contre, les retrouver dans les médias polonais, tchèques ou lituaniens.

Le contexte dans lequel ce drame a eu lieu est sans aucun doute important. Voire central.

Nous avons pu lire dans la presse internationale, d’Europe occidentale et de Russie avant tout, que le président Kaczynski n’était pas aimé par les citoyens polonais. C’est certainement pour cela qu’il s’est fait élire. Bien entendu, les positions du président, sur des dossiers capitaux comme le traité de Lisbonne (pour lequel, depuis sa mort, on l’accuse d’ »empêcheur de tourner en rond ») ou sur celui du système de défense de l’OTAN qui doit être installé prochainement en Pologne et qui, bien entendu, est autant destiné à défendre l’Europe contre l’Iran que contre la Russie, a-t-il avoué clairement, surtout suite à la guerre russo-géorgienne d’août 2008. C’est d’ailleurs lors de sa visite en Géorgie, accompagné par les président ukrainien et des pays baltes, qu’il a affiché son soutien au président Saakashvili, accusant justement la Russie d’avoir organisé cette guerre depuis des années, entre autres choses. Et le dossier « Géorgie », comme nous le savons, est LE dossier sensible à Moscou. Voici de quoi alimenter l’imagination de certains hauts responsables russes, si nous ne pouvions douter qu’au 21ème siècle, ce genre de chose n’est plus possible....

Oui, Monsieur Kaczynski était un empêcheur de tourner en rond. Par rapport à la Russie bien entendu, mais également pour l’Allemagne ou la France dans leurs projets en association avec la Russie. Le gazoduc Gazprom dont nous parlons régulièrement ici, Nord Stream, qui contourne la Pologne par la Mer Baltique était critiqué par Varsovie. Bien entendu, pour raisons économiques, mais ce que Lech Kaczynski dénonçait aussi, c’était l’aveuglement de l’Europe face au pouvoir que Moscou aurait sur notre région si la Russie devait devenir le quasi-unique fournisseur en Gaz de l’Europe. Une arme redoutable, qui fut déjà une des raisons fondamentales de la guerre en Géorgie: contrer le concurrent européen de gazoduc reliant la Caspienne au sud de l’Europe en contournant le territoire russe, en passant par la Géorgie (Nabucco) de l’autre projet russe South Stream, passant sous la Mer Noire, au large de... l’Abkhazie. La France participe, via GDF-Suez, au projet russe, tout comme l’Italie. La présidence polonaise a également critiqué le gouvernement français à propos de la vente de navires de guerre de classe Mistral à la Russie... Ces navires capables de transporter du matériel lourd, chars, hélicoptères, péniches de débarquement, des centaines d’hommes... seront basés en Mer Noire, probablement en Abkhazie où les forces d’occupation construisent un tout nouveau port, à moins qu’ils ne les basent à Sébastopol, port pour lequel Moscou a obtenu récemment une prolongation de son bail en échange d’une réduction conséquente du prix du gaz russe vendu à l’Ukraine par Gazprom...

A l’image de son parti, « droit et justice », Lech Kaczynski était quelqu’un de concerné par les injustices de l’Histoire, ce qui ne pouvait que déplaire à Moscou, et à l’Europe désireuse de conquérir le marché russe, au prix de l’oubli de toutes les atrocités commises par le passé, à l’époque de l’occupation soviétique. La commémoration de Katyn, initiée par lui et organisée par la Pologne, aurait du voir Poutine, en personne, avouer au monde que les 22,800 victimes de la barbarie n’était pas un crime nazi, comme ont voulu le faire croire les russes en maquillant la « scène du crime », mais bien un crime de guerre organisé par le mentor de Vladimir Poutine, Staline.

Avec le crash de l’avion présidentiel à Smolensk, Poutine ne s’est pas rendu à Katyn avec le même devoir. Et justice n’a pas été rendue aux victimes de Katyn. Ni, d’ailleurs, à aucune des victimes du communisme, laissant la porte ouverte aux dirigeants actuels pour manipuler son peuple et le reste du monde avec les mêmes méthodes qu’auparavant, pour les mêmes buts qu’auparavant : renforcer le pouvoir et s’en mettre plein les poches.

Nous avons le droit, sans aucun doute, d’espérer connaître un jour la vérité sur ce crash qui coûta la vie à des hommes et à des femmes, hauts responsables ou simples citoyens, ces polonais qui se rendaient pour prier sur la tombe de leurs parents assassinés. L’enquête fera, sans aucun doute, la lumière sur ce drame. Nos journaux nous disent qu’à présent, Moscou et Varsovie se rendent compte combien ils sont proches, frères slaves. Que les relations, « grâce à l’accident », se sont réchauffées. Que la présence de Medvedev lors des funérailles en était une preuve supplémentaire. (C’est vrai, Medvedev a bravé le nuage de cendre - qui n’était pas présent entre Moscou et Varsovie – pour assister aux funérailles.) Mais quel est le journal qui fit savoir qu’un autre président, VRAI ami de la Pologne et de son défunt président, qui était bloqué à Washington, a décollé pour le Portugal, puis pour l’Italie, puis la Turquie, pourfinalementnt arriver à Cracovie juste à temps pour se recueillir sur la tombe de Lech Kaczynski, dans la crypte du châteauau WAWEL? Ce président atypique n’était autre que le président géorgien, Mikheil Saakashvili. Bravo. Même Sarkozy, pourtant collègue européen du président polonais, a préféré vaquer à d’autres occupations.

Medvedev, absolument, n’avait aucune alternative. Il avait à se rendre à Cracovie. Ne pas y aller aurait signifié bien plus qu’un divorce entre Varsovie et Moscou, c’eut été un aveu, une déclaration de guerre. Impossible, donc, pour Medvedev, de contourner ce devoir. Et c’est un rôle qui lui va bien. Alors pourquoi cette insistance de la presse européenne pour une mise en avant, par la seule présence du président russe, d’un soi-disant réchauffement des relations russo-polonaises? C’est ridicule. Tant que l’enquête sur le crash de Smolensk n’aura pas abouti, tout « réchauffement » n’est même pas imaginable. Et la presse nous ment, une fois de plus.

Le colonel de la cour suprême militaire, Zbigniew Rzepa, depuis le début de l’enquête, demande aux autorités russes de rapatrier en Pologne les deux premières boites noires du Tupolev. Il demande aussi à avoir accès à l’entièreté des données rassemblées durant l’enquête, demandes vaines à ce jours.

Ria Novosti a annoncé qu’un enquêteur polonais est associé à l’enquête sur les boites noire qui a lieu à Moscou sous l’autorité des experts russes. C’est exact, il y a bien un expert polonais à Moscou, mais celui-ci n’a aucun contrôle sur lesdites boites, son accès étant limité aux comptes-rendus écrits par les officiels russes.

Si Moscou n’avait rien eu à cacher durant cette enquête qui est, et c’est le moins que l’ont puisse écrire, bien moins transparente qu’il peut paraître, les autorités russes n’auraient eu aucune raison de refuser le rapatriement de toutes les pièces du puzzle en Pologne afin qu’elles soient étudiées par les spécialistes polonais, assistés éventuellement par des représentants et experts de l’aviation russe. D’autant qu’il s’agit d’un avion militaire, et non civil, et que les personnalités ayant péri lors du crash étaient les plus hauts représentants du peuple polonais. Une enquête absolument transparente était indispensable pour dissiper LE MOINDRE doute sur la responsabilité de la Russie. Le moindre.

Mais il est déjà trop tard.

Il est à noter que depuis le 13 avril, plus aucun article n’a été écrit sur le site de Ria Novosti à propos de l’enquête en cours sur les causes du crash de l’avion présidentiel.

Ce mercredi, un premier compte-rendu de la part des autorités polonaises est attendu. Nous pourrons constater le travail des experts... du FSB?

 

D.P.

Sources diverses, dont http://swietapolska.com/news

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